DEFICIT FONCIER : DES CLIENTS DE MONA LISA PIEGES A EVIAN
Publié : avril 28, 2014 Classé dans : Arnaques, Banque, Crédit, Immobilier, Impôts | Tags: Apollonia, déficit foncier, Evian, Mona Lisa, notaire 10 Commentaires
EN 2007 DES CLIENTS DE MONA LISA INVESTISSENT DANS LA RENOVATION D’UN HOTEL DANS LE CADRE DU DEFICIT FONCIER. SEPT ANS PLUS TARD, LES VICTIMES SE BATTENT CONTRE CETTE OPERATION QUI TOURNE MAL.

Evian et son beau Rivage
Exploitant de résidences de tourisme et spécialiste des opérations de défiscalisation, la société Mona Lisa a été mise en liquidation judiciaire en janvier 2010 pour une partie et en mars 2010 pour une autre partie. Quatre ans après la déconfiture de cette société basée à Aix-en-Provence, des investisseurs se trouvent encore piégés. J’en veux pour preuve la mésaventure d’une cinquantaine des particuliers ayant investi en 2007 dans la rénovation d’un établissement dans le cadre du déficit foncier : l’hôtel Beau Rivage, à Evian au bord du lac Léman. Une localisation supposée top.
« Notre mésaventure a commencé par le démarchage par les commerciaux de Mona Lisa sur nos lieux de travail, d’abord par téléphone, puis en RDV dans l’entreprise. Experts comptables, avocats, médecins, cadres d’entreprise souhaitaient plus préparer un capital retraite que défiscaliser ».
Un particulier ne payant que 3.000 euros d’impôt sur le revenu se souvient : « Dans une simulation, le commercial me promettait près de 3.900 euros de résultat, dès 2008 ; plus de 7.600 euros en 2017. Mona Lisa ferait tout à notre place, y compris la déclaration d’impôts.. Le délai de signature était toujours ultra urgent pour de sombres histoires de délais fiscaux à respecter. Bref, l’inquiétude et la méfiance était bien là, mais le commercial nous rassurait, les notaires également ». Ce mécanisme me fait penser à celui d’Apollonia, qui faisait signer ses clients dans l’urgence .
UNE SOCIETTE ECRAN ENTRE EN SCENE
« Une assemblée générale a été provoquée en décembre 2007 à Evian en présence d’une société ayant acheté l’hôtel et le revendait à la découpe à chaque copropriétaire« . Cette AG entérine une société comme syndic ». Une somme de 50.000 euros lui est octroyée et elle est autorisée à reverser 95% des sommes des travaux au 1er avril 2008, pour les parties communes (travaux votés pour 2.222.000 euros. Ces 95% ont donc été versés alors que seulement 30% des travaux été effectués lors de leur arrêt définitif».
Depuis cette date, le bâtiment est déblayé, et hors d’eau/hors d’air
« Le mécanisme des 95% fut le même pour les parties privatives. Les 48 copropriétaires (49 lots) ont été victimes du mécanisme bien rôdé entre MONA LISA et son étude notariale » me signalent les victimes.
LA DECONFITURE DE MONA LISA
Le 19 mars 2009, année prévue de l’achèvement des travaux, le syndic informait les copropriétaires par voie LRAR de l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire de Mona Lisa.
Suite à 252.000 de travaux impayés, deux entreprises assignent Mona Lisa en juin 2009.
« Nous découvrions le château de cartes qui s’effondrait jour après jour. Il nous aura fallu plus de 2 ans pour réunir toutes les informations concernant notre projet, le timing des faits, ce dont nous étions propriétaires, etc…..En revanche, nous avions vite compris que les 2 emprunts contractés devraient être assumés pendant longtemps sans avoir de contrepartie financière en face.
Comme dans le cadre du scandale d’Apollonia, les situations personnelles peuvent devenir dramatiques : un copropriétaire a du retourner vivre chez ses parents, un autre décédé entre-temps à fait hériter sa fille de ce cadeau empoisonné.
Suite à l’expertise judiciaire du bâtiment et des travaux réalisés et restant à réaliser, le coût total des indemnités est estimé à plus de 5 millions d’euros (total des parties privatives et communes). L’enjeu est majeur ».
UNE PROCEDURE EN COURS
Absence d’assurance dommages-ouvrage, manquement d’obligation de conseil du notaire sur la possibilité de défaillance de Mona Lisa, les chefs d’accusation sont nombreux. En attendant, les victimes sont confrontées à la situation suivante :
– remboursement de deux emprunts (1 pour l’achat de la chambre et pour les travaux d’entretien, 1 autre pour les travaux de rénovation), pour un montant d’environ 1.000 euros par mois ;
– paiement d’onéreux frais de procédure et d’expertise ;
– impossibilité de revendre une chambre qui en l’état n’a strictement aucune valeur ;
– incapacité d’investir de nouveau dans la relance des travaux pour mettre en gérance le bien
– redressement fiscal en raison de la non location du bien
– nécessité de trouver un intervenant prêt à investir dans les travaux et dans la gestion de l’hôtel afin de redonner le droit aux copropriétaires au principe de déficit foncier
En 2010, le préjudice de chaque copropriétaire a été évalué à plus de 100.000 euros par lot, hors parties communes. A ce jour, il a dû augmenter sérieusement.
IMMOBILIER : BIENTOT UN KRACH ?
Publié : janvier 3, 2014 Classé dans : Crédit, Immobilier | Tags: Australie, Bulle immobilière, Canada, krach, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède 2 CommentairesA quand le Krach immobilier? Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Norvège, Royaume-Uni, Suède : dans ces pays, les prix de l’immobilier résidentiel ont fortement augmenté et le marché parait désormais surévalué en fonction des valeurs par rapport aux revenus, d’après Amundi.

Début janvier, les principaux réseaux d’agences immobilières en France vont dresser un bilan de l’année 2013 et donner leurs prévisions pour 2014. Il y a fort à parier qu’elles fassent preuve d’un certain optimisme. Pourtant régulièrement dans ce blog, je vous mets en garde contre les risques de krach immobilier en France.
Pas seulement hexagonal, ce danger guette également des pays étrangers. Et plus particulièrement ceux bien notés par les agences : Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Norvège, Royaume-Uni, Suède. Dans ces pays, les prix de l’immobilier résidentiel ont fortement augmenté et le marché parait désormais surévalué.
« En 2014, l’accélération de la croissance mondiale proviendra surtout des pays développés. Demandons-nous leur reprise économique ne repose pas trop sur l’expansion du marché immobilier, ou si leur marché immobilier n’est pas porteur d’importants risques économiques et financiers » s’interroge Bastien Drut, dans le dernier focus publié par Amundi Asset Management dans le giron de Crédit Agricole.
Des fortes surévaluations ?
Petit retour en arrière : en mai 2013, dans son étude intitulée « Economic outlook », l’OCDE tirait déjà la sonnette d’alarme. Selon elle les prix des logements seraient surévalués de 49% en Norvège, de 47% au Canada, de 42% en Nouvelle-Zélande, de 29% en Australie, de 27% en Suède et de 26% au Royaume Uni. Dans ces pays, les ménages se sont fortement endettés pour devenir propriétaires. Qui plus est, ils ont contracté des financements à taux variable.
Pour effectuer ses évaluations, l’OCDE se fonde sur l’écart à la moyenne de long terme, des ratios « prix sur loyer » et « prix sur revenus ». Quant aux estimations du FMI, elles sont très proches de celles de l’OCDE.
Et la France ?
Si l’on se fie aux ratios retenus par l’OCDE, voici les scores de notre pays. A l’instar des Pays-Bas, nous sommes dans une zone dangereuse. Mais au pays des polders, la bulle a déjà éclaté et le marché est sinistré.
- Ratio Prix / loyer (2012) :
- 136 en France
- 85 en Allemagne
- 102 en Italie,
- 113 en Espagne,
- 119 aux Pays-Bas,
- 131 en Grande-Bretagne
- Prix/ revenu (2012) :
- 132 en France
- 79 en Allemagne
- 115 en Italie
- 119 en Espagne
- 130 aux Pays-Bas,
- 122 en Grande-Bretagne
A l’aune de ces 2 indicateurs (mais avec de fortes distorsions entres les grands villes et les régions), les prix des logements seraient surévalués de 30 à 35%. Inlassablement l’économiste Jacques Friggit table sur une correction du marché de l’immobilier résidentiel en France, qui ferait enfin revenir le ratio prix/revenu vers son « tunnel historique » !
« En cas d’éclatement de la bulle immobilière, ces pays pourraient revivre l’expérience des Etats-Unis, de l’Espagne ou encore des Pays-Bas ces dernières années. Les effets richesse joueraient en sens inverse (moins de consommation), la récession probable et les déficits publics augmenteraient fortement » conclut l’étude d’Amundi. Pas de doute, un comparatif international permet de prendre du recul. L’immobilier français serait-il l’un des plus surévalués au monde ?
IMMOBILIER : QUELLES PERSPECTIVES POUR 2014 ?
Publié : décembre 13, 2013 Classé dans : Crédit, Immobilier, Impôts, Placements, Vidéo | Tags: Friggit, krach, Siegel 1 commentaireDepuis 2008, les prix des logements anciens ne décrochent pas vraiment au niveau national. Cela tend à prouver que le scénario lent de l’économiste Jacques Friggit se vérifie. Et une hausse brutale des taux d’intérêt pourrait nous faire basculer dans son scénario rapide.
La fin de l’année approche. Et pour l’immobilier résidentiel ancien, le millésime 2013 aura été moins mauvais que prévu. Cumulé sur 12 mois, le nombre de ventes de logements anciens (maisons et appartements vendus à l’unité) se chiffrait à 689.000 à fin octobre 2013. Il s’inscrit en sensible retrait, en comparaison du score voisin de 800.000 ventes dans l’ancien enregistré de 2000 à 2011. Je vous rappelle qu’après la crise des subprimes de l’automne 2008, le volume des ventes a carrément décroché de 2008 et 2009.
Décortiquant tous les chiffres, l’économiste Jacques Friggit constate qu’à fin octobre 2013, « le montant annuel des transactions de logements anciens est inférieur de 8% à la tendance longue qu’il avait suivie sur la période 1967-2000. Sous l’effet conjugué d’un niveau de prix très supérieur et d’un nombre de transactions inférieur à leurs tendances longues respectives, le montant total des transactions reste finalement proche sa tendance longue ».
Bien que les taux d’intérêt demeurent historiquement faibles, le pouvoir d’achat immobilier n’a pas vraiment fait un bond en avant. « Pour acheter le même logement « toutes choses égales par ailleurs », un primo-accédant doit s’endetter sur 26 ans, contre 15 ans en 1965 ou 2000 » calcule Jacques Friggit. Sans le coup de pouce financier des parents, la primo-accession reste difficile dans l’ancien privé du PTZ (prêt à taux zéro).
Vous faites une opération d’achat revente ?
Si l’on est secondo-accédant c’est-à-dire que l’on effectue une opération d’achat revente, la situation n’est pas très brillante non plus. Les acquéreurs n’osent pas s’engager tant qu’ils n’ont pas cédé leur actuelle résidence principale. Et tant que leur acquéreur n’a pas obtenu son crédit pour financer son achat ! D’où des délais de vente plus longs que ceux annoncés par les agences.
Dans le secteur du haut de gamme, je suis tombée sous le charme d’ un bel appartement à Paris dans le XVI°, proposé à 1.290.000 euros. Mais trop cher par rapport à mon budget. Après être resté à la vente pendant plus de 6 mois, il a finalement trouvé un acquéreur à 1.150.000 euros. Un autre, proche du XVI° s’affichant à 910.000 euros. Et lorsque le vendeur est prêt à le baisser à 830.000 euros, il ne trouve pas encore preneur. Qui manque de réalisme : le vendeur, l’agent immobilier ? sans doute les deux !
Pas de doute, mieux vaut déjà vendre. Quitte à passer par l’étape de la location avant de trouver le bien idéal à acheter. Ces hésitations sur le marché de la primo et de la secondo accessions perdureront l’an prochain.
Deux scénarios de baisse des prix
Depuis de nombreuses années, l’économiste table sur une correction du marché de l’immobilier résidentiel en France, qui ferait revenir le ratio prix/revenu vers son « tunnel historique », sur la base de deux schémas :
– un scénario rapide pouvant entraîner par exemple, par une baisse des prix de l’ordre de 35% en 5 à 8 ans,
– un scénario lent pouvant se caractériser par une stagnation des prix sur 15 à 20 ans. Depuis 2008, le scénario lent se vérifie au niveau national. Et une hausse brutale des taux d’intérêt pourrait nous faire basculer dans le scénario rapide.
Et les actions ?
En se basant sur les travaux de l’américain Jeremy Siegel, professeur à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie (vidéo), Jacques Friggit constate qu’ à fin novembre 2013, le prix des actions a presque rejoint à sa tendance longue bicentenaire aux Etats-Unis. En revanche, à la Bourse de Paris, il lui reste inférieur d’environ 25% par rapport à sa tendance longue. Les actions tricolores seraient-elles encore sous-évaluées ?
ACHAT IMMOBILIER : LA RAISON AVANT LA PASSION
Publié : novembre 27, 2013 Classé dans : Banque, Crédit, Immobilier | Tags: donation, Empruntis, meilleurtaux, notaire 2 CommentairesFinalement, il n’y aura sans doute pas de casse sur le marché immobilier en France. Sur ce secteur, la raison l’emporte sur la passion.
Ouf, la fin de l’année en cours pointe son nez. Et finalement, le marché immobilier ancien est soutenu par le niveau historiquement bas de taux d’intérêt. Certes l’achat passion a fait la place à l’achat raison. Mais finalement l’effet « taux » démocratise le crédit tant pour les primo-accédants que pour les secondo-accédants.
En 2013, le courtier meilleurtaux.com a constaté une évolution des profils d’emprunteurs. Les montants d’emprunt ont augmenté alors que l’apport moyen s’est stabilisé et les revenus moyens se sont inscrits en légère baisse.
« Contrairement aux idées reçues, on trouve encore une grande diversité chez les emprunteurs : 50 % des emprunteurs financés en 2013 ne disposent que de 10 % d’apport, 50 % gagnent moins de 4.000 euros mensuels nets à 2 et près d’un tiers ont souscrit un crédit sur 25 ans et plus » m’explique Sandrine Allonier, responsable des études économiques de meilleurtaux.com
Sans polémiquer, ce constat tranche avec celui établi début novembre, par Empruntis. D’après ce courtier, l’emprunteur moyen français devenait plus riche au fil des années. Désormais, les Français se lancent en effet dans une opération d’acquisition avec 4.500 euros nets en moyenne par mois contre 3.700 euros en 2006.
Compte tenu des prix élevés de l’immobilier, l’Ile-de-France pulvérise les records avec des revenus moyens nets par foyer à 5.446 euros. Et Paris domine le, tout avec 8. 449 euros nets par mois.
VOS ENFANTS PEUVENT-ILS ACHETER?
Enfin, si vous êtes parents et que l’un de vos enfants veut devenir propriétaire, pensez au coup de pouce financier. Consultez votre notaire pour lui consentir une donation, sans pour autant défavoriser vos autres enfants. Chaque parent peut verser jusqu’à 100.000 euros par enfant en franchise de droits, tous les quinze ans. De quoi doper sérieusement l’apport personnel!
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