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INVESTIR DANS L’ART

L’ART ET LES OBJETS DE COLLECTION CONSTITUENT UNE NOUVELLE CLASSE D’ACTIFS. UN PATRIMOINE ARTISTIQUE NECESSITE UNE GESTION.

Conseil en Art

Robert DELAUNAY Rythme, Joie de Vivre, 1930 Huile sur toile, 200 x 228 cm Centre Georges Pompidou, Paris RMN/Philippe Migeat.

Placement plaisir, l’Art constitue un actif de diversification patrimoniale. Chez BNP Paribas Wealth Management, le service Conseil en Art, fort de ses 40 ans d’expérience, le service Conseil en Art intervient dans la spécialité des beaux-arts – peintures, dessins et sculptures – de la Renaissance à l’art contemporain dit « classique ». Comprenez des artistes ayant une cote bien établie. Pour les vendeurs et acheteurs, il effectue des « due diligence » : vérification d’attributions, de provenance, bibliographie et état de conservation.

Pleinement intégré à la banque privée, ce service travaille en synergie avec le banquier et l’ingénierie patrimoniale pour obtenir les meilleures solutions. Je constate que les amateurs ont souvent tendance à oublier qu’une collection d’oeuvres d’art doit faire l’objet d’une gestion comme tout actif patrimonial.

En quatre décennies, le marché de l’Art a subi de grandes évolutions. « Il y a 40 ans, nos clients étaient surtout intéressés par l’art ancien et impressionniste. Aujourd’hui ils souhaitent vivre avec de l’art moderne ou contemporain. Quant au profil des clients, il s’est beaucoup diversifié. De plus en plus d’entrepreneurs regardent ce type d’actif » me confie Antoinette Leonardi, responsable du Conseil en Art.

UN MARCHE DE L’ART PLUS OUVERT

A ses yeux, le monde de l’art s’est démocratisé par le biais des expositions, des visites de musées. De plus, Internet procure un formidable accès à l’information. En effet l’information sur les œuvres circule plus facilement grâce à la publication des résultats des ventes aux enchères sur des sites comme Artnet ou Artprice et à l’apparition des sites internet des maisons de ventes.

Désormais il est possible d’enchérir par Internet ou de suivre une vente « en direct » depuis son bureau ou son salon. Dans une vacation de dimension internationale comme la Vente des Hospices de Beaune, les ordres en ligne sont loin d’être négligeables.

Autre phénomène : le boum des foires. Selon Forbes, on compte 60 foires internationales dans le monde en 2016, contre seulement 10 il y a dix ans. Au niveau français, la tendance est encore plus importante dans le domaine de l’art contemporain : 269 foires nationales en 2015 contre seulement 3 en 1970. Encore faut-il apprécier l’art contemporain (ce qui n’est pas mon cas) !

 


EVASION : SE SOUVENIR A VERDUN

TOURISME DE MEMOIRE A VERDUN ET EN LORRAINE POUR VISITER LE PLUS RICHE PATRIMOINE « GRANDE GUERRE » AU MONDE

 

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Quelques semaines avant les commémorations du 11 novembre célébrant l’armistice de 1918, qui marque la fin de la 1ère guerre mondiale, je viens de passer quelques jours en Meuse.

La guerre mondiale de 1914 à 1918 affiche un bilan apocalyptique : 9,5 millions de morts ou disparus dont 1,4 million de Français, 2 millions d’Allemands et 1,8 million de Russes.

A Verdun, lieu de la plus longue bataille du conflit, en passant par Metz, annexée par l’Allemagne, et Nancy, restée française, la Lorraine a été au cœur du conflit.

Avec le plus riche patrimoine « Grande Guerre » au monde, Verdun et la Lorraine possèdent un héritage historique et mémorial authentique : sites portant les stigmates de la Guerre, scénographies sur la vie des soldats et des civils pendant la Grande Guerre, des musées expliquant de manière didactique les chemins ayant mené au conflit, les premières batailles jusqu’à l’armistice.

Sous l’impulsion du Comité départemental du tourisme de la Meuse, cette destination incontournable de tourisme de mémoire a également développé des animations ludiques et pédagogiques pour toute la famille. Sans oublier de nouveaux parcours de visite et des outils interactifs pour découvrir ces lieux de notre histoire témoignant de la réconciliation franco-allemande et de la construction de l’Europe.

Sans être exhaustive, voici les sites que je vous recommande de visiter. Commencez par les premiers lieux de mémoire, par la « rive droite » du champ de bataille : fort et ossuaire de Douaumont. Ce dernier se compose d’un cloître long de 137 mètres où gisent les tombeaux abritant les restes de 130.000 soldats inconnus français et allemands.  L’ossuaire propose la projection du film « Verdun, des hommes de boue ». Devant l’ossuaire s’étend l’immense nécropole nationale où reposent plus de 16.000 soldats français.

 

 

Image illustrative de l'article Voie sacrée (Verdun)

Une borne de la voie sacrée

 

Puis  à proximité, découvrez le Mémorial de Verdun, qui vient d’être agrandi et rénové. C’est l’un des seuls musées construits sur le lieu même de la bataille. Sa scénographie est remarquable : déployés sur trois niveaux, 2.000 objets de collection, des photos inédites, des témoignages français et allemands et des dispositifs audiovisuels évoquent l’expérience combattante de soldats venus de tous horizons.

Ne manquez pas la citadelle souterraine de Verdun. Vous visiterez base logistique  pouvant abriter 2.000 hommes, à bord d’une nacelle audioguidée.

 

Empruntez la fameuse Voie Sacrée, unique artère d’une cinquantaine de kilomètres reliant l’arrière-front aux champs de bataille, elle mène de Verdun à Bar-le-Duc. Durant les 10 mois de la bataille de Verdun, près de 2,4 millions d’hommes et des milliers de tonnes de munitions et de matériels y transitèrent. Surmontée d’un casque de poilu et ornée de la palme du martyre, une borne commémorative est implantée à chaque kilomètre.

Enfin pour préparer votre séjour en famille avec des enfants ou des petits enfants, je vous signale deux ouvrages – Le Guide du Routard Grande Guerre 14-18, les chemins de mémoire et le Guide Michelin dans sa collection Champs de Bataille- et le remarquable site de la Mission Centenaire.

 

 

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Carte postale représentant un poilu de la guerre 14-18

 


OEUVRES D’ART : ATTENTION A LA PROVENANCE

SUR LE MARCHE DE L’ART, UNE OEUVRE PEUT ETRE ENTACHEE DE SUSPICION QUANT A SON ORIGINE. LA PLUS GRANDE VIGILANCE S ‘IMPOSE.

Henri Matisse, "Robe bleue dans un fauteuil ocre", huile sur toile, 1937.

Henri Matisse. “Robe bleue dans un fauteuil ocre”. Huile sur toile 1937

Sur le marché de l’art, la vente illégale en 1944 du tableau “Homme Assis” d’Amadéo Modigliani, spolié pendant la guerre,  continue de défrayer la chronique des deux cotés de l’Atlantique. La spoliation artistique des collections privées, un sujet que j’ai pu d’approfondir en suivant à l’Ecole du Louvre, un cycle d’été consacré aux collections françaises pendant la Seconde Guerre Mondiale. Tout particulièrement pour le blog, je viens d’interviewer l’animatrice de ce cours : Emmanuelle Polack, historienne, experte française pour la Task Swabinger Kunstfund.

Des chiffres d’abord. « Quelques 100.000 œuvres d’art ont été transférées de France vers l’Allemagne pendant la 2° guerre mondiale. Dans les années 60, la Commission de restitution a réussi à récupérer 60.000 objets d’art volés grâce aux indications de la Rose Valland. Pendant la guerre, « ce capitaine de l’art »  travaillait bénévolement au Musée du Jeu de Paume à Paris, lieu de transit des œuvres appartenant notamment aux familles juives et volées par les Allemands. Hitler les destinait à son futur musée de Linz » m’explique Emmanuelle Polack.

A ce jour, 2.000 œuvres répertoriées comme MNR (musées nationaux de restitution) attendent encore d’être revendiquées par les descendants de leurs propriétaires. Ces œuvres figurent dans cette base de données accessible par le grand public sur internet .

L’ART ET L’ETHIQUE

Ensuite, dans un souci de devoir de mémoire des victimes de guerre,  c’est important de se pencher sur la provenance d’une œuvre d’art. Et ce, afin de cerner l’identité de ses propriétaires successifs. « L’éthique doit absolument prévaloir sur le marché de l’art » martèle Emmanuelle Polack. D’ailleurs avant toute vacation, les grandes maisons de ventes aux enchères vérifient la provenance de chaque lot. « A Londres et à New-York, nous disposons d’une petite équipe spécialisée dans la recherche de provenance.  Souvent c’est un travail de titan,  mais avec la mise en ligne des archives familiales des grands collectionneurs, l’information va s’améliorer » assure Stephanie Ibanez, directrice juridique chez Christie’s à Paris. Encore faut-il que les descendants connaissent l’étendue de la collection de leurs parents. Ainsi par exemple, la journaliste Anne Sinclair, petite fille du marchand Paul Rosenberg, ignorait que « la robe bleue dans un fauteuil ocre » de Matisse appartenait à son grand père.

A noter que tous les catalogues de Christie’s sont passés en revue par le « Art Loss Register » afin de s’assurer que les lots ne sont pas enregistrés comme ayant été volés.

MISES EN GARDE

Enfin en matière de recel, la France s’est dotée de L’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (parfois abrégé en OCBC).  Chargé de la recherche des biens culturels, notamment des oeuvres d’art volés à des particuliers ou des institutions culturelles, cet organisme de police français dispose également d’une base de données accessible sur internet.

Même les petits collectionneurs  consacrant quelques milliers d’euros à une peinture ou à une sculpture ne sont pas à l’abri de déconvenues. La solution ?  «  A côté du certificat d’authenticité, exiger de la galerie ou de la société de vente aux enchères une fiche de provenance de l’œuvre signée par un expert affilié au syndicat des galeristes et attestant du parcours de transferts de propriété de l’œuvre » répond Emmanuelle Polack. A quand cette déontologie sur le marché de l’art français ?

 


VERSAILLES : EXPOS A NE PAS MANQUER

JUSQU’EN OCTOBRE, LA CITE ROYALE CONSACRE DEUX EXPOSITIONS SUR L’INDEPENDANCE AMERICAINE

USA

Profitons de la torpeur estivale pour traiter un sujet culturel. Cette fois je vous amène à Versailles, à l’occasion du deux-cent-quarantième anniversaire de l’Indépendance américaine déclarée le 4 juillet 1776.

Quel est le lien entre cette ville royale et le pays de l’Oncle Sam ? En fait les modalités de la fin de la guerre d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique, ont été négociées dans les murs de la fameuse galerie de l’Hôtel des Affaires étrangères (1761-1762) dans l’actuelle bibliothèque centrale de Versailles.

« Le Traité de Paris entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, et la Paix de Versailles, entre la France, l’Espagne et la Grande-Bretagne mettent un terme à ce conflit internationalisé » m’explique Christophe Thomet, conservateur en chef chargé des collections patrimoniales, Bibliothèque municipale de Versailles.

Lors de cette guerre marquée notamment par La Fayette, Louis XVI a décidé de réarmer la marine française et de financer une aide, en secret afin de ne pas déclencher prématurément les hostilités.

 

A travers une exposition intitulée L’ami américain : les Français et l’Indépendance américaine, 1776-1783, ce conservateur illustre avec une centaine de pièces, le rôle des Français dans cette guerre. Je vous recommande tout particulièrement la Toile imprimée en Amérique au motif de la Déclaration d’indépendance américaine et des Monnaies des Treize colonies puis des jeunes Etats-Unis. En somme le précurseur du dollar !

De son coté, le Château de Versailles consacre également une exposition en abordant l’Indépendance selon le triple point de vue français, anglais et britannique.