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PEINTURES : L’INCONTOURNABLE COLLECTION MOROZOV

A PARIS, LA FONDATION LOUIS VUITTON EXPOSE JUSQU’AU 22 FEVRIER 2022, L’UNE DES PLUS IMPORTANTES COLLECTIONS AU MONDE D’ART IMPRESSIONNISTE ET MODERNE : LA COLLECTION MOROZOV.

 « Au tout début du XX°siècle, pour Alexandre Benois, peintre et critique averti, l’accès direct au Paris de l’avant-garde la plus décisive, passe par Paris. C’est encore le cas pour Alfred Barr, le créateur du MoMA, visitant en 1918 les deux collections Chtchoukine et Morozov, alors encore accessibles, bien que déjà nationalisées » signale Suzanne Pagé, Directrice artistique de la Fondation Louis Vuitton. En d’autres termes, à l’époque, pour connaître notamment Matisse et Cézanne, il fallait aller à Moscou !

A partir du 22 septembre 2021, cette Fondation présente pour 5 mois au moins, la collection Morozov appartenant au patrimoine artistique mondial. Ces quelques 200 œuvres majeures, qui pour la première fois sortent de Russie, provoquent un choc émotionnel aux visiteurs.

Déployée les salles du bâtiment de Frank Gehry, cette exposition rassemble un ensemble d’œuvres d’artistes iconiques surtout français : Manet, Rodin, Monet, Pissaro, Lautrec, Renoir, Sisley, Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Bonnard, Denis, Maillol, Matisse, Marquet, Vlaminck, Derain et Picasso. Sans oublier des artistes russes : Répine, Vroubel, Korovine, Golovine, Sérov, Larionov, Gontcharova, Malévitch, Machkov, Kontchalovski, Outkine, Sarian ou Koennkov.

Les deux expositions Chtchoukine et Morozov constituent aux yeux de la commissaire générale de l’exposition Anne Baldassari, un diptyque visant à retracer à la fois l’histoire de ces industriels philanthropes.  D’origine serve, ces deux familles se sont engagées dans la foi schismatique de la vieille croyance orthodoxe.

Sur le plan artistique, à la différence de Chtchoukine, Morozow collectionnait aussi les artistes russes, inspirés souvent par la peinture française. Et lors du vernissage, j’ai apprécié vivement qu’Anne Baldassari ait veillé à exposer cote à cote, des artistes français et russes. Une démarche que vous retrouverez par exemple dans la salle dédiée aux portraits génériques de Cézanne, Picasso et des « cézannistes ».

Ou encore dans la salle consacrée à Matisse. Sa nature morte «  Fruits et bronze », Issy-les-Moulineaux, 1910 prêtée par le Musée d’Etat des beaux-arts Pouchkine de Moscou « figure »  en arrière fond du portrait d’Ivan Morozov exécuté par Valentin Sérov à Moscou en 1910. Le  tableau ci-dessous a été prêté par la Galerie nationale Trétiakov à Moscou.

Et pour revenir à l’histoire contemporaine, je vous signale que les présidents Poutine et Macron, se sont exprimés dans le catalogue. Tout un programme !

BONNE VISITE. PRENEZ EN PLEIN LES YEUX.


ESCAPADE ART NOUVEAU A BRUXELLES

PARTIR A LA DECOUVERTE DES MAISONS DE DEUX MAITRES DE L’ART NOUVEAU EN BELGIQUE : VICTOR HORTA ET PAUL CAUCHIE

Rompant avec les lignes architecturales du classicisme, le mouvement Art nouveau se caractérise par des courbes et des arabesques. Une manière de s’appuyer sur  l’esthétique des lignes en coup de fouet.

Librement inspiré par la nature, ce pur produit de la Belle Époque (1890–1914), privilégie aussi le thème de la femme.

C’est le règne de la recherche totale : les artistes ne se limitent pas à concevoir des plans de bâtiments. Ils dessinent également des meubles, voire les robes de leur épouse !

Durant la période Art nouveau, plus question de cacher les matériaux des bâtiments. Ainsi sur une façade comme sur les murs intérieurs peuvent figurer divers ornements : la céramique, le fer forgé  pour les balcons et les grilles. Sans oublier les sgraffites. Cette technique décorative, très utilisée à la Renaissance, consiste à réaliser un motif ou dessin par hachures ou grattage d’un enduit blanc qui recouvre un fond noir ou coloré.

En outre le style Art Nouveau s’appuie aussi sur le Japonisme. En effet la nature devient une vraie source d’inspiration.

Maintenant, partons à la découverte de deux bâtiments iconiques dans le grand Bruxelles.

Le musée Horta, implanté à St Gilles : c’est la maison personnelle de l’architecte Victor Horta qu’il occupa de 1901 à 1919. Bien sûr, il la aménagé en totalité et en a même conçu le mobilier.

A quelques années d’intervalle, j’ai pris plaisir à revoir ce temple de l’Art Nouveau où Horta recevait aussi ses clients. En exposant ses réalisations, cet architecte de renom suscitait des commandes de la grande bourgeoisie de Bruxelles. Tout comme Majorelle à Nancy qui réunissait dans un même lieu sa maison personnelle et son atelier.

La maison Cauchie située à Etterbeek , tout près du Parc du Cinquantenaire. En 1905, l’architecte décorateur Paul Cauchie conçoit ce bâtiment pour en faire sa demeure et son atelier. Dès que vous arrivez, vous remarquez la symétrie, la verticalité et la géométrie de la façade. Et surtout de superbes sgraffites.

« Ce joyau de l’Art Nouveau avec une collection unique fait revivre les différentes facettes d’un artiste bruxellois original et créatif. Il comprend des dessins, des peintures, des meubles et des sgraffites » remarque Constantin Pion de l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA).

EN PRATIQUE

Les visites s’effectuent uniquement sur réservation. Attention, la Maison Cauchie n’ouvre ses portes au public que les samedis et un dimanche par mois. Vous serez accompagnés par un guide francophone . Bon à savoir : il existe désormais un Art Nouveau Pass permettant de visiter 3 lieux- dont les maisons Horta et Cauchie- à choisir entre 7 beautés emblématiques du mouvement à Bruxelles. Je recommande, pour la ferronnerie de sa façade, le bâtiment Old England qui abrite le musée des instruments de musique.

 Ces musées sont facilement accessibles en métro ou en tram du centre historique de Bruxelles.

Belle découverte


RECORD POUR UNE PEINTURE PRIMITIVE

ADJUGE 24 MILLIONS D’EUROS, UN PETIT TABLEAU DE CIMABUE A ETE DECOUVERT LORS D’UN BANAL INVENTAIREVENTE AUX ENCHERES RECORD MONDIAL POUR UNE PEINTURE PRIMITIVE

Le Christ moqué par Cimabue.

Grand moment d’émotion et de suspense dimanche 27 octobre 2019 à Senlis, lorsque des enchères sont passées en moins de 5 minutes, de 3 à 19,5 millions d’euros. Cette vacation orchestrée par Actéon–  regroupant les maisons de ventes implantées à Senlis-Chantilly-Compiègne-Lille et Paris, portait sur un chef d’œuvre de Cimabue, le grand maître de la pré-Renaissance. Frais compris, ce petit tableau (24,6×19,6cm) a été adjugé pour 24, 18 millions d’euros. C’ était d’autant plus spectaculaire, que le jeune enchérisseur pour un acheteur étranger situé en dehors de la zone euro, se trouvait au 1er rang, juste devant moi.

Expertisé par le cabinet Turquin et estimé initialement 4 à 6 millions d’euros, ce tableau intitulé Le Christ moqué devient donc le tableau primitif (pré-1500) le plus cher au monde. « C’est l’un des premiers tableaux de l’histoire de la peinture.  Cette aventure a ému tout le monde de l’art qui recherche des chefs d’œuvre disparus » m’explique Stéphane Patin, du cabinet Turquin. Ce tableau devient donc le tableau primitif (pre-1500) le plus cher au monde. C’est aussi le 8ème tableau ancien le plus cher vendu au monde.

UNE HISTOIRE ETONNANTE

Lors d’un banal inventaire réalisé dans une demeure particulière près de Compiègne, la découverte de ce tableau rare de Cimabue (connu entre 1272 et 1302) permet de poursuivre la reconstitution d’un diptyque. Et de compléter  les deux autres connues œuvres connues à ce jour : Flagellation du Christ, appartenant à la Frick Collection de New-York depuis 1950 et Vierge à l’Enfant trônant et entourée de deux anges, ayant rejoint la National Gallery de Londres en 2000.

Les historiens s’accordent à reconnaître à Cimabue seulement une dizaine d’oeuvres sûres exécutées sur bois dont aucune n’est signée.

Qui pouvait se douter que la pseudo icône noircie suspendue dans une cuisine ouverte d’une maison d’architecte était finalement un véritable trésor…

 

 


EXPO TOUTANKHAMON A PARIS : IL EST ENCORE TEMPS

JUSQU’AU DIMANCHE 22 SEPTEMBRE, LES RETARDATAIRES PEUVENT ENCORE ADMIRER LA SUPERBE EXPOSITION CONSACREE AU JEUNE PHARAON A LA GRANDE HALLE DE LA VILLETTE A PARIS. BONS PLANS.

 

Les insignes du pouvoir sous le Nouvel Empire (XVIII° dynastie) proviennent de la tombe

du jeune pharaon, qui a régné de 9 à 19 ans.

Un million de billets ont déjà été vendus pour l’exposition « Toutânkhamon, le Trésor du Pharaon » à Paris qui pourrait dépasser « l’exposition du siècle » de 1967, qui avait attiré 1,2 million de visiteurs venus admirer des pièces du tombeau du pharaon.

Le chiffre de vente a été annoncé début juillet par les organisateurs. Lancée fin mars à la Grande Halle de la Villette, dans le nord-est de la capitale, l’exposition présente 150 objets provenant du musée du Caire et qui avaient été trouvés dans la tombe du jeune pharaon en 1922. Le spectaculaire sarcophage en quartzite rouge contenait trois cercueils emboîtés les uns dans les autres, dont le dernier (110 kg) en or massif abritait la momie de Toutankhamon.

Mais la pièce maîtresse du trésor,  le fameux masque funéraire en or de plus de 10 kg incrusté de lapis-lazuli et d’autres pierres semi-précieuses, n’a pas fait le voyage à Paris. Il a été abîmé en 2014 lorsque la barbe postiche, symbole de tous les pharaons, s’était détachée du menton lors de travaux dans le musée du Caire. Il faudra donc juste se contenter de l’affiche…

Face au succès, cet espace muséal a déjà prolongé d’une semaine, jusqu’au 22 septembre 2019 cette exposition phare. De plus des horaires spécifiques ont été aménagés pour l’été, avec une fermeture à 22h (au lieu de 21h) les vendredi, samedi et dimanche, du 12 juillet au 31 août. Attention, le métro le plus prés est Porte de Pantin.

Avant même le lancement de l’exposition, un système de réservation de tickets en ligne a été mis en place, pour éviter de longues files d’attente. Mais les retardataires peuvent encore trouver des billets en ligne sur le site officiel. Et même des billets liés à des désistements sur des sites comme le Bon Coin ou Gens de confiance. Dernière solution : se rendre un peu avant 9 heures du matin à la billetterie de la Grande Halle. Pas de doute, les visiteurs sont moins nombreux le matin et l’après-midi. En semaine, le billet adulte coute 22 euros contre 24 euros pendant le week-end.

Partie du Caire pour Los Angeles, avant de gagner Paris, cette superbe exposition ira à Londres. Une autre étape est prévue à Sydney. La tournée doit s’achever en 2024, avec plusieurs autres étapes.  « Le transfert progressif des collections du musée de la place Tahrir, au Caire, vers le futur musée national de Gizeh près des Pyramides, a permis que des objets remarquables puissent exceptionnellement quitter l’Égypte pour la dernière fois » m’explique un spécialiste. Une expo à ne pas manquer en solo ou en famille.

No comment

Seul bémol : les souvenirs présentés dans le magasin à la sortie de l’expo sont plutôt kitch. Entre une bouteille remplie de sable d’Egypte, des magnets à l ’effigie du pharaon, des statuettes, des chameaux,  les produits dérivés foisonnent.