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RESIDENCE DE TOURISME : DES EUROPEENS PIEGES

QUAND UN PLACEMENT « SOLEIL » TOURNE MAL POUR DES INVESTISSEURS ANGLAIS, BELGES, IRLANDAIS ET SCANDINAVES.

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Retards de loyers, succession d’exploitants touristiques indélicats, une galère que viennent de vivre près de 150 investisseurs européens en France dans la Résidence de Tourisme « Domaine du Golf » à Fabrègues, située près de Montpellier.

Avec 80 autres Français, ces amateurs de la « french touch » et du ciel bleu du Languedoc Roussillon ont repris le 15 juin dernier, à la barre du tribunal de commerce de Nice, le fonds de commerce de VCR du dernier exploitant de ce beau complexe touristique composé de 218 villas, éparpillées dans un domaine de 11 hectares comportant un golf compact de 6 trous. Afin de reprendre en mains la gestion de leur « résidence », ces investisseurs piégés ont dû verser 50.000 euros et renoncer à 450.000 euros de loyers. D’où une note de 500.000 euros à régler. Maintenant ils misent sur une belle saison d’été.

RETOUR EN ARRIERE

Dans les années 2007-2008, le promoteur Sétois Promeo a surfé sur la vague du régime fiscal Censi Bouvard. « Un programme de commercialisation européen a amené 218 propriétaires à investir dans cette formule à Fabrègues et à signer des baux commerciaux de 11 ans en 2009-2010 sans possibilité de révision triennale avec le gestionnaire de résidence : Village center Gestion, une branche de Promeo » me rappelle un investisseur étranger.

La majorité des biens de cette résidence sont mis en location en formule rendement consistant en 11 mois par an,  de mise en location par le gestionnaire. Ne résidant pas fiscalement en France, des européens ayant investi en Censi Bouvard ne pouvaient que récupérer la TVA sur leur placement soleil. La résidence du Golf compte dans ses copropriétaires environ 85 Irlandais, environ 30 Anglais et près de 20 Scandinaves.

Dès 2013, une fois les fonds de concours épuisés, la filiale d’exploitation du promoteur jette l’éponge. La société MMV récupère la gestion de la résidence et dénonce les baux en baissant les loyers de 30%.

Fin 2014, VCR, un nouveau gestionnaire reprend la gestion de cette résidence. L’aventure vient de se terminer le 15 juin 2016, au tribunal de commerce de Nice avec la déconfiture de VCR.

SAUVER SON INVESTISSEMENT

« Tous les copropriétaires et spécialement les investisseurs étrangers sont perdus devant ces incessants allers-retours entre gestionnaires peu scrupuleux et non respectueux de leurs baux. A l’origine, on nous a présenté cet investissement comme un placement encadré par un cadre légal fortement sécurisé par les lois sur la promotion du tourisme » poursuit un représentant du conseil syndical.

Les copropriétaires Irlandais, Anglais et Scandinaves sont bien décidés à solliciter l’intervention des autorités françaises respectivement dans leur pays, afin de les saisir de cette situation inextricable dénotant sur l’image de la France . Quelle réputation pour notre pays, première destination touristique au monde ! DONNER VOS AVIS ICI.

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IMMOBILIER : QUAND VILLARD DE LANS SOUTIENT LA RENOVATION

LA STATION VILLAGE DE VILLARD DE LANS (ISERE) PROPOSE DES FORMULES CLES EN MAINS AUX PROPRIETAIRES AFIN QU’ILS RENOVENT LEURS MEUBLES DE TOURISME

 

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Régulièrement dans ce blog, je reviens sur la rénovation des résidences de tourisme, qui devrait être encouragée fiscalement par le successeur du dispositif Censi Bouvard. Dans ce billet, j’élargis le sujet aux ensembles immobiliers vieillissants dans les stations de montagne, en particulier à Villard de Lans.

Principale ville du massif du Vercors, cette station située à 1.000 mètres d’altitude compte faire rénover deux ensembles immobiliers des années 1970 : le Balcon de Villard et les Glovettes. Localisés au pied des pistes, ils représentent 1.800 appartements, soit plus de 9.000 lits, sur les 20.000 lits de cette station qui célèbre la fête du vélo ce premier week-end de juin.

« Cet ambitieux projet s’intègre dans la stratégie touristique et urbanistique de Villard de Lans, menée sous l’impulsion du Maire, Chantal Carlioz. La commune souhaite favoriser globalement l’investissement des copropriétés et des propriétaires, en apportant des solutions globales, et en s’appuyant sur les nouvelles opportunités de la rénovation thermique des bâtiments » m’explique Christian Douchement, directeur de la station. La commune collabore avec un groupement d’entreprise, le réseau REH regroupant les leaders nationaux de la rénovation énergétique, et aussi avec les syndics, copropriétés, propriétaires, architectes, et experts techniques.

RENOVATION INTERIEURE : 500 EUROS/M2

Coté prix, se basant sur une seule copropriété de 900 logements les estimations varient de 400.000 euros à… 10 millions d’euros. Un appartement témoin a même été réalisé par le Groupe Samse et Vinci. Pour une rénovation intérieure d’un studio de 25 m2, il faut compter entre de 10.000 à 15.000 euros, soit entre 400 et 600 euros du mètre carré, contre 1.000 euros de travaux au mètre carré pour rénover une chambre d’hôtel de standing.

 

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Ce budget permet de relooker l’appartement tout en répondant aux besoins de confort des vacanciers : changement des sanitaires, nouvelle cuisine, meubles et décoration contemporaine, domotique moderne… Dans les stations, on évoque souvent les studios de 25 m2 pour 4 personnes. A mon sens, ce type de bien est conçu pour deux personnes, voire un couple et deux enfants.

« Même en l’absence d’un avantage fiscal spécifique, transformer son bien en un appartement contemporain permet au propriétaire de profiter du régime fiscal du déficit foncier. Outre réaliser une économie d’impôt, il dope son revenu locatif et la valeur patrimoniale de son logement » poursuit Christian Douchement

Un premier pas a été franchi avec l’installation de la plus importante chaufferie bois privée en France dans la copropriété du Balcon de Villard de Lans , comptant 900 logements. Résultat : près de 30% d’économies annuelles sur les charges énergétiques de chauffage.

Relookés, les meublés devraient être davantage occupés par les vacanciers et les propriétaires. A la différence des ORIL (opération de rénovation de l’immobilier de loisirs), les propriétaires pourraient gérer eux-mêmes la location de leur bien. Inutile de le confier à  un professionnel.

 

 

 


RESIDENCES GEREES : QUEL BILAN ?

DEPUIS 2009, LE DISPOSITIF CENSI BOUVARD SOUTIENT LA LOCATION MEUBLEE ET NON PROFESSIONNELLE DE LOGEMENTS DANS LES RESIDENCES GEREES PAR DES EXPLOITANTS.

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L’hébergement touristique est souvent vendu en Censi Bouvard

Initié par la loi ALUR, le rapport du gouvernement sur le dispositif « Censi-Bouvard » a été déposé au Parlement fin 2015. Venant de me le procurer, il rappelle que depuis 20 ans, les Pouvoirs Publics soutiennent avec des carottes fiscales les résidences, notamment de tourisme. Dernier dispositif en date : le « Censi Bouvard » mis en place en 2009 et  appelé à disparaître à la fin de cette année. « La mesure a pris une importance croissante dans le financement des logements en résidence.  Elle a à minima contribué au maintien du flux de construction dans le neuf, dans un climat conjoncturel difficile » note le rapport.

Ce rapport étudie les trois segments du marché des résidences services : celui des résidences étudiantes, celui des résidences séniors et celui des résidences de tourisme.

11.000 NOUVEAUX LOGEMENTS GERES PAR AN

Prenons l’année 2014 avec ses 11.000 logements construits en résidence services. Sur ce total, 8.300 d’entre ont bénéficié de la mesure Censi Bouvard, d’après les estimations de la FPI (Fédération des promoteurs immobiliers) et du SNRT (syndicat national des résidences de tourisme).

Calculons la différence : 11.000 – 8.300 soit 2.700 logements dans les résidences gérées n’ont pas été « aidés » fiscalement par le Censi Bouvard. C’est le cas pour un logement sur deux en résidence de tourisme. Explication : leurs contribuables fortement fiscalisés préfèrent pratiquer un amortissement sur leur investissement en immobilier géré, qui reste en dehors du plafonnement des niches fiscales de 10.000 euros par an.

Toujours selon ce rapport d’évaluation, le dispositif Censi Bouvard a concerné récemment, bon an, mal an :

° 3.600 logements  étudiants . Vu leur superficie réduite, le placement moyen se situe autour de 90.000 euros.

° 2.700 logements  destinés aux personnes âgées.  L’investissement moyen tourne autour de 200.000 euros environ par logement.

° 2.000 logements dans les résidences de tourisme. Là encore, l’investissement moyen s’élève à 200.000 euros environ par logement.

LE COUT DU DISPOSITIF POUR L’ETAT

En se basant sur la réduction d’impôt sur le revenu Censi Bouvard de 11% du prix de vente dans la limite de 300.000 euros, cette mesure  coûte malgré tout à l’Etat à 137 millions d’euros par an. Et le retour sur investissement n’est pas toujours au rendez-vous.

LE PROFIL DES INVESTISSEURS

Les investisseurs en location meublée font le double pari de la bonne localisation du bien et du sérieux de l’exploitant. Ils concluent un bail commercial sur 9 ou 11 ans avec un gestionnaire. Avec ce placement supposé être sans souci, ils comptent bien se constituer un complément de revenus pour la retraite. Voilà pour la théorie, qui ne se vérifie pas toujours dans les faits.

A l’instar des dispositifs fiscaux incitatifs pour la résidence principale mis en place 1984, les régimes fiscaux pour soutenir l’immobilier géré conduit à des excès :

  • surface du logement calculée pour optimiser l’avantage fiscal,
  • mauvaise localisation des programmes,
  • prix de vente surévalués par les fameux fonds de concours, dans l’immobilier géré. Alimentés par les promoteurs pour lancer les nouvelles résidences, ces fonds manquent totalement de transparence.

SANS LE DISPOSITIF CENSI-BOUVARD, AURIEZ-VOUS INVESTI DANS UNE RESIDENCE SERVICES? Répondez ici 

Enfin je reviens vers vous sous quinzaine avec un sujet plus ludique.

 

 

 


RESIDENCE DE TOURISME : VOUS AVEZ DIT AUTOGESTION ?

ATTRACTIVE DE PRIME ABORD, L’AUTOGESTION EN DIRECT NE PRESENTE PAS QUE DES AVANTAGES. REVUE DE DETAIL

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« Prévue par aucun texte, l’autogestion  d’une résidence de tourisme est à la mode. Elle semble recouvrir la faculté pour les copropriétaires de substituer une ou plusieurs entreprises au gestionnaire défaillant et rendant les mêmes services que celui-ci, dans certaines conditions, conformément à l’instruction du 25.10.2010 » m’explique Me Jacques Gobert, avocat à Marseille.

En cas de résiliation de l’ensemble des baux commerciaux, par le gestionnaire ou par un mandataire liquidateur, ou encore après la résiliation d’une partie des baux dès lors que le gestionnaire en place gère moins de 70% des lots, il est alors possible, aux termes des dispositions de l’article D321-2 du Code du Tourisme, d’envisager la possibilité de gérer « soi même » la résidence de tourisme. Cette « autogestion » passe par la constitution d’une société d’exploitation (généralement une SAS) par les investisseurs « libérés » de leur gestionnaire. Dans les faits, ces associés signent un bail commercial à eux-mêmes.

« Avec cette formule, les investisseurs échaudés évitent les inconvénients fréquemment dénoncés : paiement de l’indemnité d’éviction, des fonds de concours, la gestion opaque, les charges abusives, la baisse des loyers, les travaux non faits, les frais de commercialisation excessifs » poursuit Me Jacques Gobert

 

LES CONTRAINTES DE L’ AUTOGESTION EN DIRECT

Mais prendre en mains la destinée de sa résidence ne présente pas que des avantages. En effet les contraintes sont nombreuses et les risques évidents.

«  En tant que bailleurs-dirigeants de la SAS, nous devons nous improviser chef d’entreprise, gérer la résidence de tourisme en présence d’autant d’actionnaires que de bailleurs, aux intérêts pas forcément convergents, faire face à l’absence de fonds propres » reconnaît un copropriétaire pratiquent l’autogestion. Et de poursuivre : « les tâches sont lourdes : il convient d’assurer une présence quotidienne sur les lieux pour gérer la logistique nécessaire aux services à rendre obligatoirement (accueil, blanchisserie, petit déjeuner, nettoyage…) ,  il faut gérer les ventes de séjours à la semaine ou à la nuitée, assurer la promotion du site, les réservations, mais aussi faire face aux contraintes inhérentes à tout ensemble immobilier (travaux, entretien etc) ». Grâce à la détermination de ses copropriétaires une résidence de tourisme comme celle de Vignec a relevé ce défi. Mais les exemples  de réussite d’autogestion en direct sont rares.

Un constat s’impose : on ne s’improvise pas hôtelier du jour au lendemain… Et encore moins, lorsqu’on habite à des centaines de kilomètres de la résidence. Dans mon prochain billet, j’évoquerai l’autogestion intermédiée.