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LES VRAIS CHIFFRES DE L’EXIL FISCAL

« L’enfer fiscal » décourage des résidents français et des non-résidents. Résultat : le mouvement d’exil fiscal se poursuit, ce qui impacte le marché immobilier haut de gamme.

source: Knight Franck

A plusieurs reprises dans ce blog, j’ai consacré des billets à l’exil fiscal. Le dernier confirmait la poursuite du mouvement. A la mi-avril, je viens de rencontrer Charles-Marie Jottras, Président du Groupe Féau. « Sur la population des nouveaux mandats de vente entrés au second semestre 2012, pour des biens supérieurs à 2 millions d’euros, 25% des vendeurs quittent la France. Pour les biens d’une valeur de plus de 7 millions d’euros, 44% des vendeurs quittent également l’Hexagone ».

Le poids des non-résidents

Ce n’est pas nouveau. Depuis l’an dernier, des retraités, mais également des jeunes entrepreneurs préfèrent s’expatrier. Cependant Féau m’apporte une précision intéressante : sur ces 25% de vendeurs d’un bien supérieur à 2 millions quittant la France, 8,5% sont des résidents français et 16,5% des non-résidents. Par conséquent des propriétaires payant leurs impôts ailleurs qu’en France. Pour les plus gros actifs immobiliers, le poids des non-résidents grimpe à 28%. Non-résidents ou pas, les quelques centaines de départs ont pour conséquence de mettre sur le marché des biens à vendre qui totalisent environ 1,6 milliards d’euros.

Notre image « d’enfer fiscal »

Pas de doute, le chiffre symbolique de 75% en matière d’impôt sur le revenu et la lourde fiscalité sur le capital effraient les contribuables français. Mais aussi les non-résidents, alors qu’ils ne sont pas concernés par ces dispositifs fiscaux. En revanche, les non-résidents supportent le régime fiscal des plus-values immobilières : exonération au bout de 30 ans de détention contre seulement 15 ans auparavant et imposition des plus-values aux prélèvements CSG-CRDS !

File:Coat of arms of Saudi Arabia.svg

Emblème de l’Arabie Saoudite

Des régimes dérogatoires

Seuls échappatoire : pouvoir profiter des mesures dérogatoires instaurées par Bercy pour les gros clients du pays du Golfe. Par exemple la famille de l’Emir du Qatar. Ou la famille royale d’Arabie Saoudite… qui compterait quelques 10.000 personnes ! Alors qu’ils sont très attirés par Londres, les clients en provenance des pays du Golfe consacrent environ 10.000 millions d’euros pour s’offrir un bien immobilier à Paris.  Une preuve que ces régimes de faveur tricolores ont du bon. Quand Paris les appliquera-t-il à ses propres ressortissants ? En attendant, des cadres et jeunes diplômés quittent la France.

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IMMOBILIER : FAUT-IL CRAINDRE UN KRACH ?

Invariablement l’économiste Jacques Friggit fait un lien entre l’évolution des prix des logements et celle des revenus des acheteurs.

 Le striptease du gouvernement n’y fait rien. Vous me confiez vos inquiétudes sur l’évolution du marché de l’immobilier résidentiel. En tant que propriétaire, vous craignez que toute baisse des prix de l’immobilier réduise votre patrimoine et par conséquent vous appauvrisse.

Pour tenter de cerner la situation sur ce secteur constitué de micro-marchés, je me penche sur les dernières analyses de Jacques Friggit.

Du troisième au quatrième trimestre 2012, l’indice du prix des logements rapporté au revenu disponible par ménage rebondit légèrement. Explication : le revenu disponible par ménage a diminué plus vite que l’indice du prix des logements.

Deux scénarios de baisse des prix

Depuis de nombreuses années, l’économiste table sur une correction du marché de l’immobilier résidentiel en France, qui ferait revenir le ratio prix/revenu vers son « tunnel historique », sur la base de deux schémas :

– un scénario rapide pouvant entraîner par exemple, par une baisse des prix de l’ordre de 35% en 5 à 8 ans,

– un scénario lent pouvant se caractériser par une stagnation des prix sur 15 à 20 ans.

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Immobilier en France : retour aux prix de 2008

Dans quelle situation nous sommes actuellement sur le plan national ? « Depuis cinq ans, au-delà de leurs fluctuations, les prix des logements anciens sur la France n’ont pas bougé en euros courants, ce qui a correspondu à un scénario lent » souligne Jacques Friggit. Pour preuve, l’indice Insee Notaires du prix des logements en France du 4ième trimestre 2012 se trouve au même niveau que celui du 1er trimestre 2008. Un bémol toutefois : en région parisienne, les actuels prix de l’immobilier ancien demeurent supérieurs à ceux de 2008!

Reste à savoir si au niveau national, le scénario lent va se poursuivre ou si on va passer à un scénario rapide. Pour Jacques Friggit « un scénario rapide est plus probable qu’un scénario lent, que l’on ne saurait cependant écarter ».

L’exemple américain

Outre- Altantique, Robert Shiller, un économiste régulièrement « nobelisable », travaille à l’instar de Jacques Friggit sur l’évolution des prix de l’immobilier résidentiel à long terme. A côté de son indice baptisé « l’indice Case-Shiller », il en existe un autre, publié cette fois par la FHFA (Federal Housing France Agency), organisme paragouvernemental.  « Si chacun de ces deux indices a ses qualités et ses défauts, celui de la  FHFA est d’une manière générale moins volatil que l’indice Case-Shiller.  L’un comme l’autre sont aujourd’hui revenus dans leur « tunnel historique » poursuit Jacques Friggit.

Le dernier indice FHFA connu (portant sur la période de 3 mois novembre 2012-janvier 2013) est inférieur de 14% à son maximum, atteint au 1er trimestre 2007. Quant  à l’indice Case-Shiller, il accuse une baisse de 29% par rapport son plus atteint au 1er trimestre 2006.

Aux Etats-Unis, contrairement à ce qu’on observe en France, le prix des logements rapporté au revenu par ménage est revenu dans son « tunnel historique ».

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IMMOBILIER : QUE FONT NOS MINISTRES ?

Huit ministres millionnaires… en euros. Mais combien savent-ils gérer judicieusement leur patrimoine ? Même pour des questions aussi basiques que la renégociation de leurs prêts immobiliers ?

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Salle des fêtes à l’Elysée

Cette fois, les membres du gouvernement se sont mis à table pour dévoiler leur patrimoine. Sous les lambris de cette superbe salle ? Je ne le sais pas.

Huit ministres millionnaires… en euros. Mais combien savent-ils gérer judicieusement leur patrimoine ? Même pour des questions aussi basiques que la renégociation de leurs prêts immobiliers ?

« A la lecture des déclarations faites sur le site du gouvernement, et en prenant en compte les informations dont nous disposons, nous avons trouvé intéressant de voir quel ministre aurait à priori intérêt à renégocier le taux de son crédit immobilier et bénéficier ainsi des taux plus avantageux pratiqués à l’heure actuelle » me signale Maël Bernier, directrice de la communication d’Empruntis.com. Et de poursuivre : « Si cette pratique est plébiscitée par les citoyens « classiques », pourquoi pas les ministres ? »

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Quel ministre aurait intérêt à renégocier ses prêts immobiliers?

Voici donc les noms de ceux, sous réserve évidemment des informations disponibles, qui pourraient gagner à renégocier leur taux de crédit immobilier. Le courtier en ligne a tenu compte des années de souscription pour déterminer un niveau de taux moyen, du montant du prêt initial et du capital restant dû permettant avec une marge d’erreur réduite, de conseiller une renégociation de crédit.  Affaire à suivre. Bonne lecture du tableau : il suffit de cliquer dessus pour l’agrandir.

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IMMOBILIER : QUELLE BAISSE DE PRIX ?

Statistiques notariales à l’appui, voici  l’évolution des prix des logements anciens dans les métropoles régionales.

« Le poids des mots, le choc des photos » : vous vous rappelez sans doute cette formule d’un hebdomadaire français. Cette fois, pour tenter de cerner la tendance baissière du marché immobilier, je vous propose cette carte de France.

avant-contrats

Evolution trimestrielle des prix constatés sur les avant-contrats (source Notaires de France)

Editée par les notaires, elle vous donne la tendance des prix dans l’ancien dans douze métropoles régionales, en se basant sur les avant-contrats, comprenez les promesses d’achat signées entre le 1er décembre 2012 et le 28 février 2013. Cette carte a le mérite de distinguer l’évolution des prix en fonction du type de bien : appartement ou maison.

Grosso modo, il faut compter trois mois entre la signature d’un avant-contrat et de l’acte notarié d’achat. Par conséquent, un acquéreur qui a signé un avant contrat fin février deviendra réellement propriétaire fin mai.

Plus de baisses que de hausses

Parmi les rares hausses prévisibles, je vous signale la bonne tenue des maisons à Nantes, Orléans, Bordeaux et Montpellier.

Mais les prix sont appelés à reculer pour les appartements et les maisons dans de nombreuses métropoles régionales entre -1 et – 6%.

Toujours en province, dans les communes de moins de 20.000 habitants, le recul risque d’être encore plus important.  « Dans les villes du Massif Central, de la Creuse, et même à Auxerre, la tendance est à la désertification » me confie un dirigeant du réseau d’agences Guy Hoquet. Reste aux vendeurs à revoir à la baisse leurs exigences. Quel scénario de baisse des prix? Quid du risque d’éclatement de la bulle immobilière ou krach?

N’hésitez pas à réagir :  à votre avis est-il plus judicieux d’attendre pour acheter ? JE VOUS DONNE RENDEZ-VOUS POUR UN PROCHAIN BILLET A LA MI AVRIL

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