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RESIDENCES DE TOURISME : CA BOUGE ?

Du coté des exploitants de résidences de tourisme comme de celui des investisseurs dans ce produit de défiscalisation, l’organisation se peaufine.

 

En cette fête du muguet, je me penche de nouveau sur l’immobilier géré. « Nées il y a 30 ans, les résidences de tourisme ont eu le souci d’asseoir leur statut et de conquérir les territoires » me rappelle Pascale Jaillet, déléguée générale au SNRT (syndicat national des résidences de tourisme).  Regroupant les exploitants de ces structures d’hébergement, il compte à ce jour 87 adhérents exploitant 1.102 résidences de tourisme totalisant 470.800 lits.

Parmi les adhérents, figure toujours le groupe Lagrange. En revanche, des exploitants comme LVR et Quiétude en ont été exclus.

L’une de ses préoccupations actuelles consiste à mieux communiquer. Pour ce faire, ce syndicat donne un coup de neuf à sa lettre d’information et à son site internet : www.snrt.fr.

« Seul hic, les déboires des investisseurs privés dans les résidences de tourisme ne semble pas encore figurer dans ses priorités » me confie un observateur.

Bienvenue à la FNAPRT

Justement pour tenter de faire contrepoids, la FNAPRT (Fédération nationale des associations de propriétaires de résidences de tourisme) a vu le jour en mars 2013. Moins de deux mois après son lancement, elle compte une douzaine d’associations de défense des propriétaires. Parmi ses adhérents figurent :

Village de Cancale, Cap Green Fréhel, Village des Lapons Les Saisies,

Cimes Blanches La Rosiere – Montvalezan, Village de la Mer Talmont-St-Hilaire, Village de Vignec, Cristal Argentières, Bastide de Lascaud,

Port Marine Ste-Maxime, Le Belvédère Luchon, Les Hauts de Chavant

Les Houches, Les hauts de la Houle à Cancale.

« Une quinzaine d’associations sont en cours de constitution et sur le point d’adhérer » me signale Georges Guérin, à la tête de la FNAPRT.

Généralement, les difficultés avec le gestionnaire portent sur des retards, voire des impayés de loyers au cours du premier bail commercial, ou sur le renouvellement dudit bail à des conditions révisées sérieusement à la baisse.

Les ramasseuses d’huitres de Cancale (J S Sargent)

Depuis au moins cinq ans, les accidents se multiplient dans le monde feutré de la gestion des résidences de tourisme, avec notamment le groupe Guinot, LVR et Quiétude. Derniers en date, ceux de Résitel et de Soderev du groupe Lagrange.

Bientôt un rapport de la DGCCRF

La DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) devrait rendre un rapport sur les résidences de tourisme. Nul doute que le SNRT et la FNAPRT seront consultés pour l’occasion.

En attendant, je vous donne rendez-vous à l’Ascension. Dans l’intervalle, n’hésitez pas à témoigner sur mon  blog.

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10 commentaires on “RESIDENCES DE TOURISME : CA BOUGE ?”

  1. Danielo dit :

    Bonjour,

    Il est effectivement grand temps que l’État s’intéresse aux pratiques des gestionnaires des résidences de tourisme qui bafouent les lois en ne respectant pas les contrats de bail signés avec les propriétaires ; il est grand temps de les mettre en face de leur responsabilités. Ils ne doivent plus se croire autorisés à être au dessus des lois.

    Daniel

    • Nicolas dit :

      Dans ce genre de contrat, il y a deux « partenaires » … il est facile de dire que les gestionnaire bafouent les lois … mais il est aussi difficile pour les gestionnaires de rentabiliser les exploitations lorsque les propriétaires refusent de respecter leur partie du contrat ou interprètent les lois à leur avantage.

      Il est à mon avis de bon goût d’avoir une relation « partenaires » , à savoir gagnant-gagnant.

      Il semble logique que le propriétaire soit payé de son loyer tel que prévu dans les contrats … mais il semble aussi logique que le gestionnaire puisse gérer « librement » et si possible avec une petite rentabilité … sinon quel intérêt de gérer …

      Il y a des exemples aussi où les propriétaires ne jouent pas le jeu de l’entretien de leur bien tel qu’ils devraient le faire si ils géraient un bien « classique ».

      Il y a donc un grand débat 🙂

      Nicolas

      • Nicolas,
        Vous avez certainement un peu raison; c’est la raison pour laquelle les bailleurs demandent des évolutions de la règlementation.
        Néanmoins, combien de gestionnaires communiquent les comptes, conformément à L’article L321-2 du Code du Tourisme?
        Vous parlez de relations gagnant-gagnant; beaucoup d’investisseurs ont fait confiance à des propositions de ce types, présentées par winner-winner. Aujourd’hui, ils sont totalement perdants.
        A mon avis, quand tout se passe bien, et que le gestionnaire respecte son contrat, il n’y a aucune raison pour que le propriétaire intervienne dans la gestion. C’est quand il y a des problèmes que les propriétaires demandent des comptes, et là, je comprends que ça gêne les gestionnaires.
        En conclusion, je pense que les exemples que vous évoquez sont très minoritaires.

  2. Merci pour vos actions.
    Il est temps que les choses bougent, pour que la règlementation protège mieux les investisseurs, qui doivent se battre contre ces réseaux organisés.
    L’Association des Hameaux, qui regroupe des copropriétaires qui louent à Tourisma Vert va rejoindre la FNAPRT.

  3. Late dit :

    Beaucoup d’associations et de forums depuis de nombreuses années déjà, et pourtant la commercialisation continue à tout va. Une fois engagé dans ces arnaques de défiscalisation il ne reste qu’à consulter le bon avocat et tenter de minimiser les pertes.
    Merci pour le partage d’informations, ah si j’avais eu ces infos avant de signer!

  4. danton dit :

    Tourisma vert est une sarl qui gére 5 résidences de tourisme( environ 350 propriétaires) dont les chalets ont été vendus par une autre sarl du groupe ayant les mêmes actionnaires;Les acheteurs ont été attirés en autre, par une rentabilité surévaluée par le mécanisme désormais bien connu et reconnu des fonds de concours dont l’existence n’a jamais été portée à la connaissance des acquéreurs. Les paiements( en régle générale car tout était fait pour diviser les propriétaires et les traitements individuels sont différents) n’ont plus respecter les indexations aprés les 2 premières années, les loyers ont cessé d’être payé en juin 2011 et après beaucoup de tergiversations destinées à gagner du temps Tourisma vert a obtenu la procédure de sauvegarde en octobre 2012 et une prolongation en avril 2013.
    Des avenants aux baux ont été proposés basés sur l’abandon d’une partie des créances et sur des loyers diminués de 30 à plus de 50% selon les résidences et selon les loyers consentis à l’origine (qui n’est pas le même pour tous pour le même achat) payables une fois par an , le tout assorti d’attrape nigauds du type: Nous vous offrons de créer une société de gestion de votre résidence dans laquelle les propriétaires prendront 40% en transformant une partie de leur créance. NB: Les 60 % seront portés non pas par Tourisma vert qui restera bien entendu le gestionnaire mais par la holding du groupe (mêmes actionnaires) de sorte qu’entre le propriétaire et le signataire de son bail on aurait désormais deux ecrans et aucun pouvoir supplémentaire…
    Les derniers chiffres officiellement publiés datent du 31 décembre 2010 et il est impossible d’avoir des chiffres fiables au travers des présentations qui sont faites; Mais il parait acquis que les charges dépassent les 40% du CA brut.
    En ce qui concerne , l’enquête de la DGCCRF, je vous confirme avoir envoyé une offre de fourniture d’informations , il y a plus d’un mois et demi et que j’attends toujours le moindre signe de vie de ce côté là.
    Suis disposé à fournir tout complément d’information.Merci pour cet espace d’échange.

  5. danton dit :

    Tourisma vert est une Sarl qui assure la gestion de résidences de vacances (5) créées par une autre société du groupe dont les actionnaires sont communs. Bien entendu elle a joué comme les autres le jeu de la surévaluation des rentabilités offertes par le biais des fonds de concours. Et avec la crise, la pyramide s’est écroulée.
    Résultat: Les loyers cessent d’être payés en juin 2011, on nous méne en bateau pendant un certain temps et on se met en procédure de sauvegarde en octobre 2012.En avril 2013, on obtient une prolongation de 6 mois.
    Bien entendu, des avenants aux baux ont été proposés qui prévoient des baisses de loyers variables selon les résidences mais qui atteignent plus de 50% pour les plus maltraitées, le tout assorti de délais de paiement d’un an et de divers autres montages tels que la constitution de sociétés écran par résidence où on donne 40% des parts à des propriétaires et 60% à la holding de sorte que le propriétaire lambda se retrouve avec 2 sociétés écran entre lui et le signataire de son bail avec un faux pouvoir puisque minoritaire (40%) au niveau de la société de la résidence… . Le niveau des charges dépasse les 40% du CA brut bien que nous ne savons pas exactement car les derniers comptes publiés datent du 31 décembre 2010 et il est impossible d’obtenir plus.
    Pour votre information , j’ai offert à la DGCCRF par courrier de leur fournir les éléments qui pourraient les intéresser dans le cadre de leur enquête:Mon courrier date de plus d’un mois et demi, je n’ai pas eu la moindre réponse.

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