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IMMOBILIER : PENSER A LA RENOVATION CLIMATIQUE

Après trois canicules en France, en quelques mois, l’année 2026 bat des records en termes de chaleur. 43°C dehors, 30°C dedans, les copropriétés françaises font face au défi des bouilloires thermiques

Chaleur diurne et nocturne.Entre le 24 et le 28 juin 2026, la France a connu l’épisode caniculaire le plus intense jamais enregistré depuis le début des mesures météorologiques. Saintes a atteint 43,8°C, Saumur 44,1°C, et Paris a dépassé les 40°C deux jours consécutifs.

Avoir très chaud le jour est pénible. Mais la nuit c’est encore pire. Dans la capitale, le mercure n’est descendu que jusqu’à 29,5°C le 26 juin, un niveau inédit à cette latitude.

Impact de la canicule sur votre logement 

« Après des journées entières à accumuler la chaleur, les façades, les murs, les toitures et le bitume continuent de la restituer tout au long de la nuit, empêchant les logements de retrouver une température supportable » remarque un pro du secteur. Si vous vivez dans un immeuble, il y a fort à parier que le thermomètre s’est accroché aux 30°C durant des jours, voire plus d’une semaine.

Face à des épisodes caniculaires plus précoces, plus fréquents et plus intenses, la rénovation des copropriétés ne répond plus seulement à un objectif d’économies d’énergie. Elle devient un enjeu de santé et d’adaptation du parc immobilier au changement climatique.

Un parc immobilier conçu pour un climat qui n’existe plus.

Selon l’INSEE, un logement sur cinq en France, soit près de 7,5 millions de logements, a été construit entre 1946 et 1970. Édifiés avant les premières réglementations thermiques, ils ont été conçus pour protéger leurs occupants du froid hivernal. D’ailleurs les premières réglementations thermiques répondaient aux chocs pétroliers et au besoin de limiter les consommations de chauffage (voir plus bas).

La notion de « bouilloire thermique »

Dans ces copros des années 1946 à 1970, les murs, planchers et toitures absorbent les calories. Lorsque les nuits restent très chaudes, les bâtiments ne parviennent plus à se refroidir.

Après trois ou quatre jours de fortes chaleurs, le bâtiment lui-même devient une source de chaleur : une « bouilloire thermique » de jour comme de nuit, avec des températures intérieures pouvant rester durablement supérieures à 30°C.

De la rénovation énergétique à la rénovation climatique

Sous coup d’avantages fiscaux, profitant surtout aux entreprises, la rénovation des copropriétés s’est concentrée sur la réduction des consommations de chauffage. « Progressivement, nous passons de la rénovation énergétique à la rénovation climatique. Il convient d’ améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments tout en les adaptant aux nouvelles conditions climatiques. D’où la nécessité de penser simultanément confort d’hiver, confort d’été, résilience et sobriété énergétique » préconise Sylvain Lefevre, Président de Synergiec.

Désormais, en matière de rénovation, il faut conserver la chaleur en hiver et empêcher les bâtiments de surchauffer en été. Les solutions ? isoler les toitures et les façades notamment par l’extérieur, remplacer les fenêtres et installer des systèmes de ventilation. Par exemple, on peut remplacer les menuiseries et mettre en place des brise-soleils dans le cadre d’une climatisation passive.

Rappel : le confort d’été longtemps oublié

Voici 3 dates clés et tardives relatives, au confort d’été dans les immeubles d’habitation.

° 2005, le confort d’été entre dans la réglementation.

° 2013, une température intérieure de référence à ne pas dépasser en été, est fixée à 21°C par la RT 2012.

° 2022, avec la RE2020, le confort d’été devient enfin un critère réglementaire à part entière. Que constate-t-on ? Plutôt que de fixer une température maximale, la réglementation mesure la durée et l’intensité des périodes de surchauffe à l’aide d’un indicateur de degrés-heures d’inconfort.

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